BOUQUET FINAL D’UNE JOURNÉE RICHE EN PÉRIPÉTIES.

Récits de voyage > journal de voyage
Espagne - El Campello (Alicante) / Murcia
de Nicolas BEAUCOURT, le 13-11-2006

BOUQUET FINAL D’UNE JOURNÉE RICHE EN PÉRIPÉTIES.

El Campello (Alicante) / Murcia, lundi 13 novembre 2006.

100,61 km - 05h45 - 17,52 km/h

Malgré un début d’étape “piano piano”, je ressents très vite après Alicante les premiers effets d’une dopamine euphorisante et détonante. J’ai aujourd’hui une “pêche d’enfer” et c’est très bien comme ça compte tenu de la distance que j’envisage de parcourir pour rallier Murcia. La monotone “platitude” de la route aidant, j’augmente progressivement ma cadence jusqu’à trouver un excellent rythme de croisière. Promis, juré, craché (ah non, ça c’est mal élevé !), les tests anti-dopage du Tour de France n’ont rien révélé d’anormal (sauf peut-être “à l’insu de mon plein grés” !).

A 13H30 j’arrive à Elx, seul intérêt touristique de mes 100 km de liaison. Sa surprenante palmeraie et sa jolie basilique Santa Maria (toutes deux inscrites au Patrimoine Mondial de l’Humanité) ainsi que ses bains arabes et son musée archéologique sont autant de bonnes raisons pour y faire une petite halte.

MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE ET PALMERAIE D'ELX 
Après le plein de carburant (je veux dire par là un bon gros Burger King bien gras vite englouti !), je “remets les gaz” et manque de peu de me faire percuter par un excité du volant en pleine digestion ou qui sait, encore en train de cuver sa “cuite” du week-end. Respirant depuis plusieurs kilomètres la poussière soulevée par les véhicules me dépassant au niveau d’une interminable portion de route en travaux, j’entends soudainement une voiture lancée à vive allure piler dans mon dos et glisser sur les gravillons. Avec une marge de manoeuvre restreinte dû à mes 40 kg de bagages et un temps de réaction de fait accru, j’ai juste le temps de fermer les yeux, de serrer les fesses et d’attendre que ça se passe. Il faut dire que tout se déroule extrêmement rapidement, en une fraction de seconde ! Vous l’aurez compris, plus de peur que de mal puisque je suis encore là pour vous raconter mes péripéties. Tout est bien qui finit bien !

A 16H36 exactement (photo à l’appui) je dépasse mon 1000e km de bicyclette.

PLUS QUE 8700 KM !

Plus que 8700 km à faire jusqu’au Bénin ; une bagatelle quoi ! Blague à part, ce 1000e km me procure un veritable capital de confiance. Même si Dakar (mon objectif principal) est encore loin et que Porto Novo est encore moins proche, je sais aujourd’hui que je peux tenir la distance. Tout est question de temps !

A la nuit tombante, me voila enfin au porte de l’Andalousie, à Murcia. Ma première impression n’est pas terrible (et pour cause, j’apprendrai plus tard que je suis rentré dans la ville par le quartier de tout les trafics dont celui de la drogue) mais je laisse rapidement mes états d’âme sur le bord du chemin pour chercher le “Perro Azul”, une petite “pension” centrale indiquée par le Guide du Routard. Alors que je tourne en rond dans le quartier des bars comme un poisson rouge dans son bocal, je finis par demander quelques précisions à un autochtone de passage ; la réponse ne se fait pas attendre. Quelle ne fût pas ma surprise quand, l’index pointé vers un trou béant à l’angle d’une rue, il m’indique les restes de mon hotel effondré !

Bon… très bien… mais je fais quoi maintenant !? Vue l’heure, j’enfourche ni une ni deux “Akuna Matata” et file vers le point infos touriste le plus proche en espérant y dénicher “LE” bon plan. Avec mon flaire de fouine et ma chance de cocu la réalité va dépasser la fiction ! La “boutique” étant encore ouverte, j’affiche mon plus beau sourire et use de mon légendaire don pour les langues étrangères pour demander à la charmante demoiselle en place et semblant s’ennuyer comme un rat mort (désolé Typhaine !!!) si elle connait un endroit sympa et pas trop cher où je puisse passer la nuit. J’ai eu beau répéter studieusement ma réplique en chemin et m’appliquer dans la prononciation des mots mais rien à faire, ma nationalité est démasquée en deux temps trois mouvements. Typhaine 21 ans engage alors la conversation.

TYPHAINE ET NADEGE

Comble du comble, elle est française comme moi ! Originaire de la région de Bordeaux et suivant des études de tourisme à Pau elle a choisi de s’expatrier 6 mois à Murcia pour y travailler la langue et y effectuer son stage pratique. Déjà très “pro”, elle me sort un plan détaillé de la ville et sa liste de “pension”. Problème, elles sont toutes à plus de 30€ ! Voyant ma mine déconfite et ayant pitié de mon cas désespéré (il faut croire que je joue pas mal la tragédie !), elle me lance spontanément et avec sa frimousse de musaraigne (bein quoi, c’est mignon une musaraigne !) : “Viens à l’appart si tu veux” ! Autant dire que je ne m’attendais pas une seconde à une telle proposition. J’en reste un instant bouche baie et me demande si c’est du lard ou du cochon ! On aurait entendu un coléoptère voler dans cet assourdissant silence religieux ! L’effet de surprise passé et amusé par la situation, j’accepte volontier l’invitation. Une chose importante reste cependant encore à faire, convaincre les “collocs” de mon “auberge espagnole” (dont Nadège 24 ans) de bien vouloir m’héberger ; et ça, c’est pas gagné ! Si vous n’avez pas déjà eu le plaisir de rencontrer Nadège (alias “La Terreur des voyageurs en détresse” !) pourtant connue comme le loup blanc, sachez que sa devise est : “Je râle d’abord (si possible plus fort que tout le monde réuni) et j’approuve ensuite avec convictions” ! Vous savez, c’est comme ces petites bêtes qui font beaucoup de bruit et s’agitent comme de beaux diables mais qui finalement ne feraient pas de mal à une mouche (désolé Nadège !!!). D’ailleurs, ça n’a pas loupé ! Pendant que je déchargeais “Akuna Matata” dans le hall d’entrée de l’immeuble, Typhaine passait un mauvais quart d’heure dans l’appartement du troisième étage. Défendant corps et âmes ma cause en s'aidant de toute sa force de persuasion, elle a droit à un savon carabiné mais finit par obtenir gain de cause. Malgré son caractère de cochon, Nadège est quand même une chic fille ! Elle le sera en tout cas avec moi tout au long de ma semaine à Murcia. Vous me croirez si vous voulez, on s’est même fait des repas en tête à tête alors que Typhaine nous avait lâchement abandonné pour partir en week-end à Madrid (quelle ingrate celle là !). Bon, trève de plaisanterie ; vous savez les filles tout le bien que je pense en fait de vous alors encore mille mercis pour votre gentillesse et votre accueil chaleureux. Rendez-vous fin décembre comme convenu quelque part au Maroc pour de nouvelles aventures !!!

Plus d’infos sur les tribulations de Typhaine et Nadège à l’adresse suivante :
http://nadtyf.top-depart.com/

Et ici, leur vision de notre rencontre :
http://nadtyf.top-depart.com/carnet-de-voyage-Murcia_Espagne_Changement_de_train_train-_-sv-nadtyf-rq-journal_bord_view-ID-9881-lang-fr.html

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
22/03/2007 : OFFRE DE SPONSORING.
25/01/2007 : DERNIERS ARTICLES DU "CARNET DE BORD".
21/12/2006 : A L’ASSAUT DU RIF, L’HEURE DE VERITE !
20/12/2006 : TERRE D’ACCUEIL.
20/12/2006 : D’UNE RIVE A L’AUTRE, D’UN MONDE A L’AUTRE.
20/12/2006 : A QUELQUES HEURES DU DEPART.
19/12/2006 : MA DERNIERE “LIGNE DROITE” AVANT L’AFRIQUE.
17/12/2006 : LE “PALOMA” COMME BASE ARRIERE.
19/11/2006 : EN ROUTE POUR L’ANDALOUSIE… GRENADE, CORDOU, SÉVILLE !
18/11/2006 : STRESS, QUAND TU ME TIENS... !
26/10/2006 : ENFIN UN ENDROIT OU ME POSER !
25/10/2006 : SANS DOMICILE FIXE.
24/10/2006 : JE VAIS BIEN, TOUT VA BIEN (ENFIN PRESQUE) !
23/10/2006 : UN DEBUT DE JOURNEE A VITE OUBLIER !
21/10/2006 : BAIN DE SOLEIL POUR "BALEINES" ET "CACHALOTS" !


Autres liens :

Tags
BOUQUET FINAL D’UNE JOURNÉE RICHE EN PÉRIPÉTIES - El Campello (Alicante) / Murcia - Espagne -