Port Bou (Espagne), jeudi 21 septembre 2006. Pris de nausés et de violents maux de tête tout au long de la nuit, je me réveille avec la "gueule de bois" ! N'ayant pas eu de nouvelles de mes amis d'Argelès, je décide de prolonger mon voyage jusqu'au terminus du train. Il est 08h00, j'arrive à Port Bou en Espagne. Une fois le wagon immobilisé et les passagers descendus, j'ai tout mon temps pour décharger "Akuna Matata" et mes bagages. Sans stress, je reéquipe ma monture. Voyant mon manège, un policier s'approche de moi, me demande mes papiers pour un contrôle d'identité, puis me rend mes documents en me souhaitant bonne chance pour la suite de mon voyage. Alors que je m'apprête à tracer mon sillage, une nouvelle épreuve m'attend de "pied ferme" ! Pour sortir de la gare, une seule solution semble s'offrir à moi : un grand escalier d'une trentaine de marches. Que faire ? Tout démonter de nouveau !? J'ai l'air fin ! Je regarde attentivement autour de moi en quête d'une autre possibilité. A droite, les quais. A gauche, une grande baie vitrée à travers laquelle le village me nargue. Derrière, je rebrousse chemin. Et devant..., toujours ce maudit escalier ! "Bon, il va peut-être falloir y aller maintenant mon Nico" ! Au moment où je m'apprête à tout redéfaire, un cheminot espagnol vient à ma rescousse et m'indique un passage à niveau réservé au personnel de la RENFE (la SNCF locale). C'était inesperé !!! Me voila enfin libre ! Je n'ai pas mangé hier soir. Du coup, j'ai une faim de loup ! Un bon petit déjeuner tranquillement installé à une terrasse de café, voila ce à quoi je rêve ! Direction la place du village. Pas besoin de boussole, c'est pas compliqué à trouver ; Port Bou n'est pas bien grand ! Je m'engloutis 1 croissant, 2 pains au chocolat et 2 "café con léche" ! Bein quoi !? J'ai faim moi ! Et puis, c'est pas vous qui pédalez après !!! Au moment de remonter en selle, voila pas que ma béquille centrale me lâche. Le boitier d'articulation s'est complétement désintégré ! Depuis le départ, je la sentais mal cette béquille ! J'avais donc prévu le coup et m'étais équipé d'un deuxième modèle, latéral celui là. N'ayant pas encore eu le temps de l'adapter à la hauteur du cadre, je sors scie et lime à métaux. C'est partis pour une petite séance de bricolage ! Le travail achevé, il est déjà 11h15. Pour me mettre en jambe, ressentir les premières sensations, et passer mes derniers coups de fil, je décide de remonter à la frontière, 3 km plus haut dans la montagne. L'ascension est difficile. Il fait chaud, je suis très (trop!) chargé, et à faible allure je perds l'équilibre et chute deux fois... |