Punta Paloma / Algéciras (via Tarifa), mardi 19 décembre 2006. 30 kilomètres de route en 2 heures. Afin d’éviter trop de précipitation lors de mon embarquement de demain pour le Maroc, je préfère rejoindre dès aujourd’hui Algéciras où j’envisage de passer ma dernière nuit espagnole. Prêt à partir vers onze heures et demi, j’enfourche un "Akuna Matata" en pleine forme et très impatient d’atteindre l’Afrique. Jusqu’à Tarifa (à l’extrême sud de l’Espagne), 10 kilomètres d’une très belle route côtière me sert de "tour de chauffe" avant d’entamer l’ascension d’une zone montagneuse, accidentée et "tournicotante" qui s’étire sur une douzaine de kilomètres. Les rives marocaines sont toutes proches. Je comprends mieux maintenant combien il peut être difficile pour un homme en quête d’un avenir meilleur de résister à la tentation de franchir, au péril parfois de sa vie, les quelques miles qui séparent nos deux mondes. Au terme d’environ une heure et demi d’effort, Algéciras et (tout au bout de la baie) le rocher de Gibraltar sont en vue. Il ne me reste plus que 8 kilomètres de descente avant de boucler la première partie de mon voyage. Trois mois (presque jour pour jour) après mon départ de la frontière franco-espagnole, il était temps ! Une fois mon matériel mis en sécurité (parce que cette ville est franchement la zone !) dans une petite chambre à 15 € située à deux pas du port et tenu par un marocain (comme presque toutes les pensions ici !), je dispose de mon après midi pour me renseigner sur les horaires et les tarifs des traversées en ferry. Pour Ceuta (Sebta), il faut compter 32 € par personne sans véhicule. Pour les bagages et les bicyclettes (qu’il n’est pas nécessaire de démonter), c’est gratuit. Comme toutes les compagnies pratiquent exactement les mêmes prix, j’achète mon billet en fonction de l’heure à laquelle je souhaite partir. Avec 1 à 2 bâteaux par heure et par compagnie, je n’ai que l’embarra du choix ! |