Ceuta (Sebta) / Martil, mercredi 20 décembre 2006.
31,15 km - 01h42 - 18,40 km/h.
Pas de doute, je suis bien en Afrique ! Le contraste avec l’Europe est saisissant.
Dès mes premiers kilomètres sur le sol marocain, je respire à plein poumons d’épaisses fumées noires de gaz d’échappement et roule sur des chaussées cahotiques voir carrement défoncées par endroit. Afin d’éviter les nids-de-poules (qui ont une fâcheuse tendance à être attirés par mes pneus !) et pour me prémunir des dépassements intempestifs (et souvent de haute voltige !) de véhicules arrivant en sens inverse, je suis contraint de rester très concentré sur ma conduite...
Mis à part ces petits tracas (qui font aussi le charme d’un pays), ce qui pour moi caractérise le plus ce continent, c’est la chaleur humaine de ces habitants et l’accueil exceptionnel qu’ils nous réservent.
Je ne sais pas si mon bonheur d’être là, parmi eux, se lit dans mon regard mais tout au long de mon étape d’innombrables encouragements et témoignages d’amitié me sont adressés. 
Hommes et enfants croisés sur le bord du chemin me saluent de grands gestes de la main accompagnés d’un “Bonjour !”, “Bienvenue au Maroc, vous êtes ici chez vous !”, “Bravo, super, impeccable !”. J’ai même droit à des applaudissements nourris provenant d’un groupe de gamins interrompant leur partie de foot pour l’occasion. Les femmes quand à elles sont beaucoup moins démonstratives mais de discrets sourires s’esquissent régulièrement sur leur visage. Avec les automobilistes et les camionneurs, c’est toujours l’immuable rituel du petit coup de klaxon “guilleré” et du pouce en l’air.
Au crépuscule, Tétouan est encore à 10 kilomètres de route. Compte tenu des réels dangers qu’il y a ici à rouler de nuit, il me semble plus raisonnable de mettre le cap sur Martil, une petite station balnéaire du bord de mer. Un camping, “l’Alboustane” (“Le Jardin” en arabe littéraire), semble s’y trouver et coûte un prix dérisoire (25 Dh = 2,30 € par nuit pour une tente et une personne).

Ce sera parfait pour ce soir d’autant que Tétouan (autrement surnommé “La cité des voleurs” !) n’a pas très bonne réputation.
|