A L’ASSAUT DU RIF, L’HEURE DE VERITE !

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Maroc - Martil / Chefchaouen (via Tétouan)
de Nicolas BEAUCOURT, le 21-12-2006

A L’ASSAUT DU RIF, L’HEURE DE VERITE !

Martil / Chefchaouen (via Tétouan), jeudi 21 décembre 2006.

78,05 km - 06h06 - 12,80 km/h.

Avec comme objectif aujourd’hui la ville bleue de Chefchaouen

AU DETOUR D'UNE RUE DE CHEFCHAOUEN

perchée à 600 mètres d’altitude au coeur du Rif

DANS LES HAUTEURS DE CHEFCHAOUEN

cette deuxième journée marocaine représente pour moi une nouvelle étape décisive dans mon aventure “Capafrika”.

Avant d’affronter les routes pentues du Haut Atlas, passant notamment par le col de Tizi-n-Tichka à 2260 mètres, celle de “Chaouen”

AU COEUR DU RIF

constitue un excellent entraînement me permettant également de jauger ma condition physique (et mentale !) du moment.

Malgré la proposition d’un jeune couple de français (rencontré hier à la frontière et retrouvé le soir même au camping ”Alboustane”) de m’y monter en 4X4, je préfère relever le défi d’y parvenir à la force des mollets.

Après une nuit fraîche et quelque peu humide, un soleil radieux et une température idéale sont de nouveau au rendez-vous (“Abdullah” !) pour m’encourager dans cette entreprise.

Au bout d’une dizaine de kilomètres seulement, j’atteinds les abords de Tétouan que je contourne largement avant d’entamer progressivement mon ascension dans les montagnes.

A mon grand étonnement, ce début de “grimpette” se déroule formidablement bien ! Dans les collines surplombant la plaine de Tétouan, les pentes sont relativement douces et je hisse sans trop de difficultés (pour le moment en tout cas ; attendons la suite !) mes 120 kg de charges utiles (et inutiles !). Pour rappel, je traine 40 kg de bagages, ”Akuna Matata” fait toujours 20 kg et je pèse encore (du moins en principe !) 60 kg. Même un cancre de section littéraire comme moi parvient à faire l’addition !

DEVANT LE PALAIS ROYAL DE FES

Mais c’était trop beau pour durer ! Très vite les choses se corsent et ma langue frotte le bitume !

Alors que je suis en plein effort dans un col plutôt ardu, deux gamins de huit ans à peine surgissent de derrière les fagots et me courent après le sourire aux lèvres. Dans un premier temps leur attitude est bon enfant jusqu’à ce que l’un d’eux se dissimule derrière mes sacoches arrières pendant que l’autre tente de me distraire par l’avant.

Flairant le coup fourré avec mon “groin” d’ancien africain, je “chouf” dans mon rétroviseur le garnement que je surprends en train d’essayer de décrocher quelque chose du porte bagage. Je pile alors d’un coup, pose le pied à terre et les sermone tout les deux fermement. Tout penaud d’avoir été démasqués, ils sont comme pétrifiés sur place par ma réaction auquelle ils ne s’attendaient probablement pas.

Pensant maintenant pouvoir tranquillement reprendre mon chemin, je déploie toute mon énergie dans un laborieux démarrage en côte lorsque je vois les deux chenapans revenir de plus belle à la charge ! Je crois rêver ! Plus collant que du papier tue-mouche “tsé tsé”, tu meurs (private jog) ! Même les mules marocaines sont moins tétues !

A DOS D'ANE

Agacé par leur “témérité” et craignant un accident si vite arrivé, je braque mon guidon vers l’un d’eux pour lui faire comprendre de s’écarter de ma trajectoire puis accélère vivement. En quelques coups de pédales, j’arrive enfin à les distancer mais essuie un jet de pierre. C’est malheureusement dans ces coins reculés du Maroc une bien triste coutume ; il faut le savoir !

Assoiffé comme un chameau dans le désert (vivement les dunes !) et afin de récupérer les quelques forces perdues dans la mésaventure que je viens de vivre, une pause “Coca” s’impose dans l’une de ces petites gargotes du bord de route. Attention toutefois de bien penser à préciser “Cola” si lors d’un de vos voyages dans la région il vous venez la même idée que moi de vous désaltérer dans ces boutiques. Vous risqueriez sinon de vous voir proposer pas 1 kg, pas 2 kg mais 10 kg de substances pas très licites à fumer et pour “bronzer la tête” ! Pour ma part : “Non merci, un simple Coca Cola suffira” !

Le plein de “kérozène” terminé, je remets les gaz sur ma destination du jour.

Pas très en avance, je profite de plusieurs bonnes descentes pour légèrement rattraper mon retard. Malheureusement, un nouvel incident (qui aurait pu bien mal se terminer celui là !) vient me stopper net dans mon élan.

Arrivant à vive allure en toute fin de descente, je suis attaqué par quatre chiens sortant en furie d’une habitation comme des diables de leur boite.

Confronté pour le première fois à cette situation délicate et très impressionnante, je commets la grosse bétise de tenter une accélération pour les semer. L'espoir était vain d'avance ! En agissant ainsi, je fais que les exciter davantage et réveiller leur instinct de prédateur.

L'appétit aiguisé, l'un d'eux se rapproche dangereusement de mon mollet gauche en me montrant ses belles quenottes acérées.

Craignant la morsure éminante, je me déporte sans faire attention sur la droite de la chaussée et atteinds en quelques mètres le bas-côté. Manque de bol, la roue avant du vélo rencontre une épaisse couche de gravillons et s'y enlise.

Perdant totalement le contrôle "d'Akuna Matata" (bien mal nommé aujourd'hui !) j'entre dans une danse acrobatique peu conventionnelle et finis par valser par dessus bord !

Bilan des courses, mes guiboles en coton se retrouvent à faire du tricot avec le squelette d'acier de mon compagnon et nous formons à nous deux une bien pâle copie de Guernica !

GUERNICA - PICASSO

Quand aux quatres molosses, effrayés par la violence de ma chute, ils se sont bien évidemment carapatés en un rien de temps.

Avec seulement une “pizza” au genou droit, deux trous dans une sacoche avant, une bosse sur le garde boue et un guidon tordu mais très vite remis d’aplomb en deux tours de clef magique, j’estime très bien m’en sortir mais je me promets de plus quitter mon casque à partir de maintenant.

Les esprits retrouvés et mes bagages reconditionnés, je remonte en selle et mets les bouchées doubles pour finir mon étape au plus vite.

Ce qui n’était pas prévu au programme, ce sont les cinq derniers kilomètres d’ascension à plus de 12 % de pente qu’il est nécessaire de gravir pour se rendre à “Chaouen”.

FIN DE JOURNEE SUR CHEFCHAOUEN

Il me faut prêt d’une heure et quart pour faire ce tronçon ! Exténué, j’atteinds de nuit le centre du “village”.

ARRIVEE DE NUIT SUR CHEFCHAOUEN

Vivement l’hôtel pour prendre une bonne douche chaude, soigner ma “blessure de guerre” et me reposer.

Arrivant devant la pension “Barcelona” située tout en haut d’une ruelle de gallets impossible à monter en vélo, je trouve un gas que je soupçonne très vite de ne pas être “de la maison” et de vouloir s’octroyer une commission. Mais pour quel service pardis !?

Avec culot et assurance, il m’annonce le tarif prohibitif de 120 Dh (12 €)  la nuit alors que le Guide du Routard ne mentionne que 40 Dh (4 €) ! Je discute donc un moment “le bout de gras” avec lui. Il me répond évidemment (l’argument choc ici !!! ) que mon guide est ancien (2004-2005) et patati et patata...

Voyant que mon “renard” (pourtant pas très “fut-fut” !!!) essaye de me prendre pour plus idiot que je suis, je préfère décamper de cette adresse et chercher un autre endroit où être peinard ! Mon choix se portera finallement sur la très sympa pension “Mouritania” à 45 Dh (4,50 €) la nuit

PENSION MOURITANIA

et au nom évocant davantage la suite de mon voyage...

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